( Judith Lachapelle -
La Presse ) -
Il y cinq ans, personne n'en parlait. Aujourd'hui, les punaises de lit prolifèrent à un rythme exponentiel dans la métropole. Que faire pour enrayer l'épidémie? La Ville devrait prendre ses responsabilités, estime un spécialiste.
La réglementation municipale actuelle empêche une lutte efficace à la propagation des punaises dans toute la ville, estime un spécialiste. En obligeant exterminateurs, propriétaires et locataires à révéler la présence de punaises dans un logement, la Ville pourrait agir promptement pour limiter l'infestation de ces bestioles nocturnes.
Harold Leavey, spécialiste en gestion parasitaire, constate que les punaises ne cessent de gagner de nouveaux logis à Montréal. «Actuellement, on a une augmentation de l'ordre de 600 % par année. Mais bientôt, dans certains secteurs, ce sera 2000% par année!»
Éradiquer complètement les punaises de la ville est utopique, dit l'homme qui est à la tête des Entreprises Maheu Extermination et qui travaille avec la Direction de la santé publique (DSP) et l'Office municipal d'habitation. Mais une stratégie concertée permettrait de contrôler l'infestation. Les inspecteurs en salubrité, dit le spécialiste, ignorent où des opérations d'exterminations sont menées. Ils ne peuvent donc s'assurer de leur efficacité, notamment en vérifiant que tout l'immeuble est inspecté. «Quand il y a des punaises, ce n'est pas un logement qui est touché, c'est tout un immeuble.»
Les punaises de lit ne transmettent pas de maladies et leur présence ne doit pas être obligatoirement indiquée aux autorités de la santé publique. Leurs piqûres sont généralement bénignes, même si dans certains cas graves, elles peuvent causer des problèmes dermatologiques et des réactions allergiques. Mais surtout, les dommages collatéraux sont nombreux: honte, culpabilité, perte du sommeil, isolement.
La plupart des gens interviendront rapidement pour exterminer les insectes. Mais d'autres, particulièrement ceux qui souffrent de problèmes de santé mentale, laisseront l'infestation atteindre des niveaux catastrophiques. Lorsque rien n'est fait, la population peut passer d'une punaise à plus de 30 000 en six mois...
Et les punaises ne se nourrissent pas seulement du sang de leurs hôtes : elles profitent aussi de leur silence. Des locataires se taisent par peur d'être tenus responsables de leur présence, des propriétaires ignorent le problème ou le traitent superficiellement, et la Ville et ses arrondissements n'ont qu'une vague idée de l'ampleur de l'infestation.
Résultat ? Personne n'est à l'abri. À l'hôpital ou à l'hôtel, au cinéma ou chez le dentiste, à la garderie ou à l'école, en autobus ou dans le taxi, le risque de rapporter des punaises chez soi existe partout, à divers degrés. «On n'a pas honte d'avoir attrapé un rhume, mais on a honte d'avoir des punaises», a lancé hier M. Leavey lors d'une formation d'intervenants en santé publique.
Des blattes aux punaises
Dans la lutte aux punaises, il vaut mieux prendre ses responsabilités que de chercher un responsable, disent les experts. Tant la DSP que la Ville et que la Régie du logement insistent pour que le locataire avertisse rapidement son propriétaire, que celui-ci fasse rapidement venir un exterminateur, et que ce dernier prenne les bons moyens pour éliminer les punaises. Malheureusement, constate M. Leavey, beaucoup de locataires honteux se taisent et beaucoup de propriétaires négligents renvoient la balle au locataire en lui disant que c'est son problème.
Dans les années 80, raconte M. Leavey, la Ville de Montréal avait décidé de s'attaquer sérieusement à la prolifération de blattes (coquerelles) et de rats. Les exterminateurs étaient tenus d'envoyer aux inspecteurs en salubrité une copie du rapport d'intervention qu'ils avaient mené dans une résidence. Les inspecteurs s'assuraient ainsi que non seulement le logement atteint avait été nettoyé, mais que tous les voisins avaient été visités. L'opération avait porté fruits : l'infestation a été contrôlée.
Mais depuis que les arrondissements sont chargés d'appliquer le règlement sur la salubrité, cette obligation d'informer les inspecteurs est tombée, déplore M. Leavey. «Les inspecteurs n'ont plus le temps, dit-il. On nous a même demandé d'arrêter de leur envoyer des rapports parce qu'ils sont débordés.» Il se dit découragé des autorités municipales. «Ça fait des années qu'on essaie de passer le message et ça ne passe pas.»
Mais le vent vient peut-être de tourner. Norman King, épidémiologiste à la Direction de la santé publique, confirme que l'amélioration de la réglementation municipale sera étudiée conjointement avec des représentants de la Ville et de l'Office municipal d'habitation. «Y a-t-il des choses à faire de ce côté ? Ce sont des questions qu'on se posera à court terme.»
Pendant ce temps, des formations sont données à des intervenants (infirmières à domicile, travailleurs sociaux, inspecteurs en salubrité) appelés à se rendre dans des logements potentiellement infestés. Et il faut aller plus loin, plaide M. Leavey : tous les hôpitaux, les CLSC, les centres qui hébergent les sans-abri, les résidences pour personnes âgées, doivent avoir un protocole pour prévenir la présence de punaises.
Lors de la formation, Harold Leavey a rapporté le cas d'un hôpital qui s'était rendu compte qu'un patient, qui avait séjourné dans plusieurs chambres, avait transporté des punaises de chez lui. Comme il n'existe pas de protocole de traçabilité des équipements, l'hôpital n'était pas en mesure de savoir quel lit, quelle civière, quel fauteuil roulant le patient avait utilisés. Sans parler de l'ambulance qui l'avait transporté...
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( Marcel Charland - Blogue-Média ) - Décidément, Mourial est attaquée de toutes parts, en surface, en sous-sol, et jusque dans ses matelas et ses logements insalubres.
Cette ville insulaire tombe en ruines.
Certains de ses habitants les plus gueulards peuvent bien envier la belle Capitale et tenter de tout faire pour rendre ses citoyens négatifs et défaitistes, surtout après l'immense réussite des fêtes du 400e.
Mais les blattes et les punaises sont comme les «habitants» Mourialais, ils ne quittent jamais leur île...
Publié par : Marcel Charland
à 03:24:57
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